J'ai testé pour vous (et un peu pour moi...) la littérature pour géocacheurs - Chapitre 7
- teuche
- il y a 5 jours
- 14 min de lecture
Euuuuuuh bonjour ? Yakékun ??? Onze mois sans le moindre article, je comprends qu'il y ait un peu d'écho quand je parle ici... Mais après une longue période où mon temps consacré au géocaching a été affecté à beaucoup de choses, SAUF à la rédaction d'articles sur ce blog, il est grand temps de reprendre le clavier azerty en mains. Surtout si je veux conserver un minimum d'espoir dans la (géo)résolution n°5 prise cette année... [SPOIL ALERT !! C'est mort...]
J'avais confié dans ma première publication de 2025 mon envie de revenir partager mes découvertes coup de cœur en poursuivant mes Top 5. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, je vous propose un article consacré à ..... un retour de lecture. Oui oui, nous sommes complétement d'accord : cela n'a absolument rien à voir. Voyez-moi comme un dirigeant qui ne tient pas ses promesses et ses engagements. Pire, je suis un despote narcissique et tout-puissant qui fait uniquement ce qu'il veut au sein de son royaume bloguesque. Craignez-moi... Ou alors dites-vous que le tour des Top 5 viendra un peu plus tard, et que je profite de mes vacances d'été pour lire un roman lié au géocaching ET vous en faire un compte-rendu tant que je l'ai bien en tête. Cela vous convient ? Non ? Dommage car nous sommes bien là pour évoquer une septième lecture en rapport avec le géocaching, et comme pour les six fois précédentes, l'article débute par un copier-coller des 149 mots qui constituent le traditionnel disclaimer :
« Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à ce que les motivations et la construction de ce modeste article soient claires : il ne s'agit en aucun cas d'une critique littéraire ! Je n'en ai absolument pas l'envie, encore moins la légitimité, et je n'aurai jamais le talent nécessaire pour réaliser la prouesse que réalisent les écrivains (il suffit de parcourir quelques lignes sur ce blog pour s'en convaincre). Comme pour les autres articles de cette série, mon but ici est de partager avec vous une expérience que j'ai vécue, en vous décrivant la façon dont je l'ai menée et ressentie, tout en dégageant les points positifs ET négatifs de ce test, selon MON point de vue. Il s'agit donc d'une opinion bien évidemment emplie de subjectivité, de bienveillance aussi, et nullement je l'espère de condescendance car, encore une fois, je suis bien incapable d'en faire autant. »

Dans la famille des romanciers plongeant leurs histoires dans le monde du géocaching, je demande aujourd'hui Sébastien Guilleux ! Après tonton Michel (Aguilar) et la cousine autrichienne Ursula Poznanski, j'ai plaisir à découvrir ce jeune auteur français qui, pour son troisième ouvrage, ajoute à ses habituelles intrigues policières une touche de géocaching.

L'ammobox, élue géocache préférée des graphistes de couverture de roman
Il semblerait que le mystère entourant le géocaching, tout comme l'adrénaline liée à la recherche d'une boite dissimulée à la vue de tous, aient un impact dans le style des romans tournant autour de cette thématique. En effet, le suspense et la tension sont omniprésents dans toutes ces œuvres romanesques, que ce soit dans l'excellent thriller d'Ursula Poznanski ou dans l'ensemble des livres (non moins excellents) d'aventures (non moins dangereuses) de Michel Aguilar. Comme le sous-entend son titre, Geocrimes ne déroge pas à la règle puisque Sébastien Guilleux plonge ses lecteurs au cœur d'une enquête policière (n'en disons pas plus pour le moment...).
Néanmoins, si ce point commun liait ces auteurs et leurs ouvrages, les (autres) grandes qualités que j'ai personnellement dégagées de chacun de ces livres les classent dans deux catégories très différentes. D'un côté, j'avais beaucoup apprécié la psychologie des personnages d'Ursula Poznanski, au même titre que leurs relations parfaitement retranscrites qui suscitaient de vives émotions. De l'autre côté, les atouts indéniables des quatre romans de Michel Aguilar résident dans "l'interactivité" avec le lecteur, les différentes manières d'aborder la lecture, et la place occupée par le géocaching, où les frontières entre fiction et réalité ne cessent de s'entremêler. Qu'en sera-t-il du style de Sébastien Guilleux ? Vers lequel de ces deux genres va-t-il tendre le plus ? Une troisième catégorie peut-être ? A moins qu'il ne parvienne à fusionner tous ces talents au travers de ces pages ?
Les conditions du test
Pour une revue de lecture, je dois bien avouer qu'il n'y a pas grand chose à raconter sur les "conditions du test". Je lis les mots de la page, en commençant par celui situé tout en haut à gauche et en poursuivant de gauche à droite, et de haut en bas. Lorsque j'arrive au mot situé tout en bas à droite, je passe à la page suivante (attention : s'il s'agit de la page de droite, il faut penser à la tourner pour accéder à la suivante, imprimée de l'autre côté !). Jusqu'à présent, cette technique m'a pas mal réussi et m'a permis de venir à bout des livres, comme j'ai pu le partager avec vous.
D'un point de vue matériel, il faut bien penser à emporter le livre lorsqu'on souhaite le lire. C'est important. Pour le reste, si on compare avec les tests précédents, notamment lorsqu'il s'agit des romans de Michel Aguilar, le kit de lecture est bien plus léger. Je garde stylo et papier pour la prise de notes, mais il y aura moins à gratter car point d'énigmes à résoudre. Exit le téléphone portable qui me servait à scanner les QR codes : on revient sur de la lecture plus "classique". Pour vous dire la vérité, le smartphone n'a pas complétement disparu, et il a bien fallu que je l'emporte une fois avec moi :

Album photo de vacances estivales, de 2020 à nos jours
Et oui ! Il ne faudrait pas oublier la traditionnelle séance de shooting photo ! Depuis l'été 2020, le studio photo (la plage de Savines-le-lac), la toile de fond (le lac de Serre-Ponçon et ses montagnes), l'éclairage (un soleil toujours au rendez-vous) et les accessoires (lunettes de soleil et rabane) sont les mêmes. Seul le modèle change. Je ne parle pas de moi, toujours aussi beau et fringant année après année, mais bien évidemment de la couverture du livre, posant fièrement dans ce décor idyllique. Bon, cette année, je me suis basé sur la cadrage de l'an dernier ... qui était foiré. Je tiens donc à vous rassurer : ce ne sont pas les montagnes qui se déplacent, mais bel et bien ce maudit bouquin qui se décale année après année un peu plus vers la gauche (ce qui me dégoûte et me rend complétement dingue). Voila, ça va mieux ? Alors nous allons pouvoir commencer à parler (sérieusement) du roman de Sébastien Guilleux.
Compte-rendu de l'expérience
Je commence à me rendre compte que je ne suis qu'un vieux grincheux accroché à sa routine et ses traditions, puisqu'une énième habitude vient lancer le compte-rendu de l'expérience. Comme écrit un peu plus haut, ce roman étant une enquête policière dans le monde du géocaching, par définition, il y sera question de suspense, de rebondissements et de révélations. Ce serait bien cruel et sadique de ma part de trop vous en dire en vous dévoilant les secrets de l'histoi... ..... ..... ..... ..... ..... .......... Non non non, il ne faut pas que je cède à la ten... ..... ..... ..... à la tenta... ..... ..... ..... J'ai dit NON !!! Ressaisis-toi séduisant blogueur, et contente-toi de recopier ce qu'a bien voulu divulguer l'auteur par l'intermédiaire de la quatrième de couverture :
« 4 octobre 2017 : le géocaching brétilien se retrouve plongé dans l'horreur. Un joueur est retrouvé mort sur les lieux d'une cache, assassiné. Mais qui s'en prend aux géocacheurs ? C'est ce que devront élucider les enquêteurs de la section de recherche rennaise. »
Une fois encore, c'est le côté obscur du géocaching qui est exploré par un écrivain. Il aurait pu être question de trafic international de geocoins, de séquestration d'objets voyageurs pendant des mois par des géocacheurs peu scrupuleux, ou encore du célèbre marché noir de la boite tupperware, mais cela va encore plus loin avec un tueur de géocacheurs. TINTINTIIIIIIIIIIIIN !!! [ça c'était la musique qui fait peur] Tiens, tant que nous y sommes, j'avoue que je croise régulièrement aux Mega Events un mec déguisé en grenouille assez chelou... Je ne serais franchement pas étonné si j'apprenais qu'il avait décapité une dizaine de nos camarades au fond des bois et sur des aires d'autoroute... En plus je l'ai déjà vu essayer d'attirer les gens en leur distribuant des trackables... Psychopathe j'vous dis... Enfin bref, on me rappelle à l'oreillette que Géocrimes est une fiction et que Ouest France n'a absolument rien publié à propos d'un serial killer de géocacheurs (pas encore).
Contrairement à mes retours de lecture précédents, cette fois c'est par le prisme du géocaching que je débuterai mon analyse. Pourquoi ? Tout simplement parce que la promesse de retrouver le géocaching au cœur du roman est faite avant même d'ouvrir le livre ... recto/verso. En effet, la couverture tout comme la quatrième de couverture regorgent de dédicaces au géocaching :

Pas moins de 10 mots, dont le titre, contiennent "geo" et/ou "cache" : autant dire qu'on risque d'en bouffer du géocaching dans ce roman ! Et cela semble se confirmer dès l'ouverture du livre, puisque la première des trois parties de l'histoire s'ouvre avec cette page :

Je serais vous, je laisserais le FTF à d'autres...
L'auteur nous plonge directement dans le monde du géocaching avec une fiche de cache simplifiée, reprenant plusieurs caractéristiques des véritables pages que nous connaissons. On y trouve le type de cache, son nom, celui du poseur, les coordonnées, la description, et même un indice. J'ai beaucoup aimé cette idée, réutilisée à deux reprises dans le livre avec deux autres types de caches, qui pose un contexte réaliste et rend la lecture plus immersive. Il ne manque que l'attribut "Zone dangereuse" car vous vous doutez bien que cela risque de légèrement partir en 'cahuète pour le géocacheur qui se rendra au PZ de cette tradi...
Pour la suite, je me suis une nouvelle fois amusé à relever les différentes références au géocaching (chacun ses passe-temps...). Les premières pages en sont remplies, ce qui est tout à fait normal pour introduire et expliquer notre mystérieuse passion aux lecteurs moldus. A travers les six premières pages du récit, j'ai listé les termes « cache », « rouleau de papier », « petite notice », « placeurs », « boites de toutes formes », « coordonnées GPS », « logbook », « échanger de petits objets », « FTF » ou encore « event ». Aux côtés de ces classiques, on retrouve un plus exotique « cèpe en porcelaine », des statistiques (« 7 millions de joueurs et plus de 3 millions de caches »), sans oublier l'inévitable définition « Il s'agit d'une chasse aux trésors des temps modernes. Avec un GPS ou un smartphone, tu te balades pour découvrir des boites que d'autres cachent. ».
Une quinzaine de pages plus tard, c'est au tour des types de caches d'entrer en jeu : « traditionnelle », « mystery », « multi-cache », « earthcache », « wherigo », « virtual », « letterbox » et « event », ils sont (presque) tous là ! Au risque de vous décevoir (ce qui serait loin d'être une première sur ce blog), tous ces types ne sont pas traités directement dans l'intrigue. En revanche, on peut tout de même souligner une certaine diversité avec quatre types représentés : tradi, multi, earthcache et event (ce dernier type de cache étant très judicieusement utilisé par Sébastien Guilleux pour son récit) ..... sauf que (#montagnesrussesemotionnelles) les caches correspondantes sont complétement fictives OU de véritables caches existent sur le terrain mais ont juste inspiré l'auteur qui les a « modifiées pour les besoins du roman ». Certains GC codes sont ainsi partagés à la fin du livre et feront visiter les lieux de l'intrigue, mais vous n'y découvrirez ni exactement les mêmes géocaches que les personnages, ni un tueur fou de géocacheurs (en théorie). En d'autres termes, la carte ci-dessous reprend à la fois les fausses caches 100% fictives du roman, et les vraies caches absentes du récit mais qui l'ont inspiré. Tous ceux qui ont compris la phrase précédente ont droit à mon respect éternel.

Saurez-vous démêler le vrai du faux ?
Reprenons la chasse au vocabulaire du géocaching... Une dizaine de pages plus loin, page 38 précisément (arrêtez de me juger s'il vous plait), c'est au tour du terme « team » de faire son apparition. Puis ..... baaaaaaaaaaaaaaah ..... plus rien jusqu'en page 169 avec un modeste « point zéro » qui surgit. Pour les amis banquiers, profs de maths ou fans d'Excel, imaginez une courbe qui représenterait le champ lexical du géocaching au fil des pages du roman : la courbe monte très vite dès le départ, ralentit ensuite tout en continuant à croitre, puis se ramasse complétement la tronche avec une ou deux bosselettes en guise de derniers souffles. Pour les autres, ce que j'essaie de montrer, c'est que malgré la promesse faite à l'extérieur du livre, le géocaching est loin de jouer les premiers rôles au sein du roman. Je ne critique même pas la fragile passerelle entre fiction et réalité, qui n'aurait été qu'un chouette bonus. Non, ce que je trouve plus regrettable, c'est que le géocaching n'est finalement qu'un accessoire dispensable à l'intrigue, et qu'il aurait très bien pu être remplacé par un club de bridge ou de pelote basque. Les caractéristiques mêmes de notre loisir ne sont pas suffisamment exploitées, alors que des éléments tels que la géolocalisation par les coordonnées GPS, les énigmes des mysteries, l'exploration de nouveaux lieux, l'adrénaline procurée par les T5, ou de manière plus globale l'immense diversité liée au géocaching, sont autant d'outils qui pourraient être bénéfiques dans un récit à suspense. Alors que les premières pages du roman posent les bases en multipliant les explications sur cette pratique méconnue, le géocaching est ensuite complétement mis de côté, quasiment évincé du livre. Dommage...
Et si on met un instant le géocaching en dehors de cette analyse (oui, faisons fi du géocaching !!), comment s'en sort ce roman de Sébastien Guilleux ? L'intrigue débute par la découverte d'un corps : celui d'un géoca..... Ha oui... On a dit qu'on faisait fi du géocaching... Euuuuh on n'a qu'à remplacer tout ça par des passionnés de cueillette de champignons... Donc l'intrigue débute par la découverte d'un corps : celui d'un "cueilleur de champignons" sur un spot de "champignons" alors qu'il semblait en pleine séance de "cueillette de champignons". Très vite, un second "cueilleur de champignons" va être retrouvé sans vie, et l'enquête s'orientera vers un "collectif de cueilleurs de champignons". Le style de Sébastien Guilleux est très intéressant pour suivre l'intrigue, en faisant se succéder les passages ni trop courts ni trop longs, tantôt sous le point de vue des enquêteurs, tantôt celui des victimes, tantôt celui des personnages soupçonnés, etc. C'est vif, agréable, facile à lire, et cela a le mérite de faire s'entremêler les histoires parallèles et de distiller les rebondissements et les révélations. Une autre forme de découpage vient même casser ce rythme pour le relancer de plus belle par la suite. Sans trop en dévoiler, alors que les enquêteurs semblent toucher la vérité et la partager avec le lecteur, l'auteur baisse le rideau pour lancer une « PARTIE 2 » ..... à une autre époque ..... avec des personnages complétement nouveaux ..... et sans aucune allusion à la "cueillette de champignons". Cela donne l'impression d'être un détective sur le point de comprendre une affaire ..... et qui se fait assommer par derrière sans rien avoir vu venir. Ou si vous préférez une version sans mal de crâne, on se croirait en fin d'épisode ou de saison d'une série à suspense et, à la place de la grande révélation finale, on a droit à un écran noir au milieu duquel s'inscrit un frustrant "A suivre...". Bien évidemment, cette partie 2 qui parait complétement hors sujet va rapidement se connecter à l'intrigue principale et nous permettre de compléter le puzzle. Non seulement ce nouveau chapitre entretient le suspense en débarquant pile poil au climax du roman, mais il va en plus apporter de la profondeur au récit. Le lecteur a accès à de nouvelles informations, comprend de plus en plus de choses, recolle petit à petit les morceaux, jusqu'à arriver progressivement à la partie 3.
Malheureusement, j'ai personnellement trouvé que cette dernière partie n'était pas à la hauteur du reste du roman. C'est le moment où l'auteur doit raccrocher les wagons et le lecteur reconstituer le puzzle, et à mon sens, Sébastien Guilleux termine son roman avec beaucoup trop de précipitation, et même de maladresse. Alors que les intentions jusque là étaient très bonnes, que l'intrigue était passionnante et que le récit était bien rythmé, j'ai eu l'impression d'une fin trop vite expédiée, avec une envie de rapidement relier tous les éléments entre eux ... alors que certains auraient pu/dû rester là où ils étaient. Je ne peux pas écrire précisément ici ce à quoi je fais allusion, pour éviter de vous dévoiler la fin du roman (je ne suis définitivement que bonté et bienveillance), mais un certain aspect de la conclusion est vraiment caricatural, rocambolesque, pour ne pas dire ridicule. Quelques raccourcis malheureux ont été pris par l'auteur, et le trait est trop gros pour que je profite pleinement de cette troisième partie du livre ... jusque dans l'épilogue et sa dernière phrase des plus ... étranges. Dommage...
Ce ressenti fut exactement le même par rapport aux personnages principaux. Les investigations sont menées par un duo de lieutenants de la section de recherche de Rennes. D'un côté, nous avons Eléonore Ramirel, mère de famille, au caractère jovial et bienveillant. De l'autre, Damien Béranger, fraichement muté à Rennes, plus jeune que sa nouvelle collègue et binôme, et au comportement nettement plus froid et distant. Personnellement, cela m'a beaucoup rappelé un autre duo d'enquêteurs :

Eleonore=Ellie=Olivia / Damien=Alec=David
Pour les hérétiques qui croient que la photo ci-dessus est extraite de mes vacances à Mers-les-Bains avec ma femme, non, il s'agit plutôt de l'excellent binôme de la non moins excellente série policière britannique "Broadchurch". A gauche, Ellie Miller (jouée par Olivia Colman) vit à Broadchurch et travaille pour la police locale depuis plusieurs années. Cette mère de famille est très appréciée de ses collègues et des habitants dont elle est très proche. A droite, Alec Hardy (incarné par David Tennant) vient d'arriver à Broadchurch où il prend la place d'inspecteur principal. Froid, distant, il enquête sans sentiments mais avec efficacité. Alors que leurs personnalités les opposent, ce duo va devoir élucider ensemble une sombre affaire de meurtre qui frappe la petite communauté de Broadchurch.
Le feu et la glace associés, malgré eux, pour tenter de résoudre un horrible crime au sein d'une communauté... Eleonore et Ellie, Alec et Damien, même profils, mêmes objectifs, mêmes contextes, mêmes enjeux... Les personnages principaux de Géocrimes et de Broadchurch semblent partager de nombreux points communs. Sauf que .....

..... sauf que c'est en Bretagne.
..... sauf que le traitement des personnages n'est pas le même entre les deux œuvres. Dans la série britannique de Chris Chibnail, les deux policiers vont progressivement apprendre à se connaitre, à se comprendre, à s'apprivoiser, à collaborer, à se soutenir, à se rapprocher, à se faire confiance, et finalement à s'apprécier. Episode après épisode, le scénario laisse le temps à Ellie Miller et Alec Hardy de tisser des liens. Nous assistons à leur rencontre et vivons en même temps qu'eux, à leurs côtés, petit à petit, l'évolution de leur relation et la lente transformation de leur rivalité en amitié. Dans le roman de Sébastien Guilleux, le point de départ est identique. Malheureusement, le développement du duo de personnages et leur évolution ne connaissent pas la même réussite.
Dans Géocrimes, malgré les sourires et les efforts apportés par Eléonore pour accueillir et intégrer Damien, ce dernier demeure méprisant et antipathique. Il n'y a pas de connexion entre les deux enquêteurs, comme il n'y a pas de connexion entre ces personnages et le lecteur. Certes, la relation entre Eléonore et Damien finit par basculer, mais cela arrive beaucoup trop tard dans le livre, et de manière trop maladroite et précipitée. A l'instar du récit trop vite expédié, cette transition manque de cohérence, alors que les lecteurs l'espéraient depuis plusieurs dizaines de pages. Dommage...
Conclusions
Vous n'avez pas oublié comment se passe la traditionnelle conclusion d'un article estampillé "J'ai testé pour vous (et un peu pour moi...)" quand même ? Allez, comme ça fait longtemps, je vous fais grâce d'un p'tit rappel... Et vous écoutez ceux du fond hein !! Bon... Alors... Préparez-vous à retrouver comme d'habitude les points positifs et négatifs que j'ai (personnellement) dégagés de ma lecture, avant de vous délecter d'une petite synthèse concoctée avec amour. Voilà ce que ça donne bande de canailles :
+ une histoire intrigante qui se dévore facilement
+ le géocaching bien expliqué pour les débutants et les moldus
+ quelques véritables géocaches pour (re)vivre l'aventure sur le terrain
- géocaching rapidement mis de côté
- la fin maladroite, trop vite traitée
- un duo d'enquêteurs sans alchimie, trop vite traité
Je suis très très très embêté car c'est avec un arrière-goût amer de déception que j'ai terminé le roman de Sébastien Guilleux. Cela m'embête même énormément car on sent que le jeune écrivain est bourré de bonnes intentions, et son livre ne manque clairement pas de qualités. Pour preuve, j'ai plutôt passé un très bon moment en dévorant ce roman policier fluide, agréable, rythmé, à l'intrigue bien ficelée et avec des rebondissements surprenants qui m'ont tenu en haleine ..... jusqu'à la dernière partie. Le dénouement de l'histoire, tout comme la relation entre les deux policiers, sont à mon sens manqués car pas suffisamment développés. Le livre, qui fait moins de 200 pages (avec une faible quantité de texte par page) aurait mérité quelques chapitres supplémentaires pour laisser le temps à nos deux protagonistes d'évoluer ensemble, et à l'intrigue de se dérouler sans se presser. L'auteur savait clairement où il voulait aller, mais je trouve qu'il a atteint l'arrivée avec trop d'empressement et par des raccourcis qu'il aurait dû éviter. La prochaine fois Sébastien, laissez-nous le temps d'apprécier la balade, et je serai sincèrement ravi de repartir avec vous.



























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